Marie‑Christine Salmon : La mobilité électrique en mouvement
Ce que je retiens de mon échange avec Marie‑Christine, c’est avant tout une grande richesse de parcours : la rigueur acquise en audit chez PwC, la technicité financière développée dans les différentes entités de Vinci, puis cette envie très forte de revenir à l’opérationnel pour agir concrètement sur des projets à impact. J’ai aussi été marquée par sa détermination, son sens de l’engagement et la lucidité avec laquelle elle aborde les défis du secteur de la mobilité électrique. Enfin, j’ai apprécié la sincérité avec laquelle Marie‑Christine évoque la place des femmes dans des environnements encore très masculins, et la manière dont elle construit, pas à pas, son positionnement et son leadership.
— Catherine
J’ai commencé en audit Industrie chez PwC, après une école d’ingénieurs de la construction, l’ESTP. À l’époque, je ne connaissais presque rien à la comptabilité : c’est un module d’introduction à l’audit donné par des managers de PwC à l’ESTP qui m’a donné envie de postuler. J’ai été séduite par la dimension généraliste et par la possibilité de découvrir différents environnements et de rencontrer de nombreuses personnes.
Ma première mission, chez Otis à La Défense, m’a profondément marquée. J’ai découvert un métier exigeant, très structurant, mais aussi un fort esprit d’équipe. C’est ce qui m’a portée tout au long de mes quatre années et demie au cabinet. J’ai évolué de junior à superviseur, j’ai passé le DSCG en candidate libre puis le DEC (dont deux années de stage encore chez PwC). On m’a donné de vraies bases méthodologiques, de la confiance, des responsabilités croissantes.
Certaines missions difficiles restent aussi très présentes. Dans l’adversité, notre équipe s’est soudée. Ces expériences construisent, humainement autant que professionnellement.
Enfin, un autre moment marquant a été le séminaire d’intégration à La Baule. J’y ai créé des amitiés très fortes, qui durent encore aujourd’hui. Cet esprit d’équipe et ce management participatif – notamment avec l’évaluation 360° à l’époque – ont été déterminants pour moi. C’était un environnement clair, exigeant, mais très structurant.
EasyCharge, dont je pilote aujourd’hui une Business unit, est une filiale de Vinci dédiée à la mobilité électrique. Mon activité relève du tiers‑investissement : nous développons, finançons et déployons des bornes de recharge pour véhicules électriques, via des offres concessives, avec un modèle économique à coût zéro pour les collectivités ou les propriétaires fonciers.
Cette activité mobilise une forte expertise financière : nos modèles sont construits sur 15 à 20 ans en moyenne. Les bases acquises en audit – compréhension des chiffres, capacité d’analyse, rigueur – me servent tous les jours. À cela s’ajoute une dimension juridique importante, une dimension commerciale et beaucoup de coordination interne.
Avant EasyCharge, j’ai travaillé sur des projets internationaux (pétrole et gaz, métros, hydraulique, IGH) au sein de Vinci. J’ai beaucoup voyagé (Dubaï, Beyrouth, Turkménistan, Jamaïque…) et accompagné des directeurs de secteur sur des sujets financiers, d’organisation et de conduite du changement.
À un moment, j’ai choisi de revenir à l’opérationnel, parce que j’avais besoin de voir l’impact concret des décisions financières. Chez EasyCharge, j’ai pu développer un vrai volet commercial et, entre 2023 et 2025, l’activité a fortement augmenté.
Les défis rencontrés chez PwC – pression, clients exigeants, besoin de s’adapter vite – m’ont clairement préparée à cette réalité.
J’ai gardé des amitiés très fortes de mes années chez PwC. Trois anciennes collègues sont aujourd’hui des amies proches : nous échangeons sur nos sujets professionnels, personnels, nos ambitions et nos doutes.
Je crois vraiment au potentiel du réseau, notamment pour créer des synergies ou trouver des interlocuteurs pertinents sur certains sujets stratégiques.
Le secteur évolue vite : nouveaux entrants, modèles économiques qui changent, arbitrage entre gratuité et cofinancement. À l’avenir, le marché deviendra un marché de remplacement, de montée en gamme et de gestion d’assets, à l’image des stations‑service.
L’esprit d’équipe, l’adaptabilité et la recherche d’excellence structurent encore aujourd’hui ma manière de manager et les standards opérationnels que je mets en place.
Je lui dirais de s’appuyer sur l’intelligence collective, de poser des questions sans retenue et d’oser se projeter. PwC est un formidable terrain d’apprentissage pour celles et ceux qui s’investissent pleinement.
Adaptabilité – Management participatif – Résilience.
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